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Le Café du Peintre, le bouchon des Brotteaux qui cache 1 200 vins derrière son comptoir

par | 27 janvier 2026 | Manger

1 200.

C'est le nombre de références de vin revendiquées par le Café du Peintre, boulevard des Brotteaux. Pour un bouchon de quartier, c'est beaucoup. Pour une cave de restaurant tout court, c'est déjà énorme.

Et pourtant, à lire les guides, ce chiffre arrive seulement en deuxième position dans les raisons d'y aller. La première, c'est la tête de veau.

Oui, la tête de veau. Le plat qui fait fuir la moitié des convives et qui fait revenir l'autre moitié chaque semaine.

Une histoire de famille

Le Café du Peintre est une maison tenue par les Périer. Florence Périer, présentée par le restaurant comme une mère lyonnaise de troisième génération, a longtemps fait le marché à l'aube et composé la carte elle-même.

Son fils Maxime s'occupe du vin. Autodidacte, il a construit sa sélection en allant voir les vignerons, surtout en Beaujolais, en Bourgogne et dans la vallée du Rhône, chez des domaines à taille humaine. La maison appelle ça « les canons de Max ».

Le passage de relais est en cours. D'après Gault&Millau 2026, Florence a quitté les fourneaux, Maxime perpétue l'esprit de la maison en salle, et c'est désormais Bastien Depietri qui revisite le répertoire en cuisine. Le site de la maison, lui, présente encore Florence aux commandes. Le guide est plus récent, je le suis.

Côté distinctions, Gault&Millau accorde 13/20 et la mention « Table de Chef ». Le restaurant revendique aussi une présence au Michelin depuis 2014 et une adhésion aux Toques Blanches lyonnaises.

Le Café du Peintre, c'est la recette de grand-mère que la famille se transmet sur une fiche tachée de sauce. Le nom du cuisinier change en bas de la page, l'écriture reste la même.

Le mâchon, pour les lève-tôt

Voilà le détail qui rend l'adresse à part.

La maison est membre de l'association des Francs-Mâchons depuis 2010. Le mâchon, c'est ce casse-croûte lyonnais du matin, hérité des canuts et des ouvriers, où l'on attaque la charcuterie et le pot de beaujolais à l'heure où d'autres trempent leur croissant.

D'après le site, on peut le réserver dès 8 h 30, entre amis ou entre collègues. Pour un pot de départ, avouez que ça change du gâteau au chocolat en salle de réunion.

Rares sont les restaurants lyonnais à perpétuer ce rituel. Si vous ne l'avez jamais tenté, c'est probablement l'une des adresses les plus simples pour s'y mettre, à deux pas de la Part-Dieu.

La carte, version canaille

Ici, on mange lyonnais, et on l'assume. Prix relevés par Gault&Millau dans son édition 2026, à vérifier sur place.

  • harengs pommes à l'huile, 13 euros, le grand classique des bouchons
  • terrine maison selon l'humeur du jour, 13 euros
  • tête de veau croustillante, 24 euros, la spécialité la plus citée par les guides
  • gratin d'andouillette, 24 euros, pour les amateurs (et seulement pour eux)
  • cervelle de canut, 7 euros, ce fromage blanc aux herbes qui fait office de dessert ou de fromage selon les maisons
  • dessert de saison, 9 euros

Le site cite aussi une quenelle de brochet sauce homardine, des ris de veau à la crème et aux champignons, et des menus du jour qui ont vu passer blanquette de veau, joues de porc ou cervelle d'agneau meunière.

Si j'avais une seule commande à passer

Des harengs pour commencer, la tête de veau ensuite. C'est le duo qui raconte le mieux la maison.

Et pour le vin, je ne choisirais rien moi-même. Avec 1 200 références et un patron qui les a sélectionnées une par une, demander « un canon de Max » me paraît la seule réponse sensée.

Ce qui fâche dans les avis

Les notes restent bonnes : 4,3/5 sur TripAdvisor pour près de 290 avis, et 4,5/5 sur Google pour environ 610 avis selon un relevé d'octobre 2025. Les clients saluent l'authenticité, l'accueil chaleureux et le choix de vins.

Mais quelques critiques reviennent.

  • le prix, jugé élevé par certains au regard des portions
  • les cuissons, parfois inégales selon les témoignages
  • un traitement à deux vitesses, avec l'impression que les habitués passent avant les clients de passage
  • la formule du jour, annoncée en ligne et absente le jour J pour au moins un client

Un avis de janvier 2026 évoque même un doute sur l'addition. Un cas isolé, mais relisez votre ticket, comme partout.

Mon avis sur ces critiques ? Un bouchon familial avec ses habitués, c'est aussi ce qui fait son charme. Mais si vous venez pour la première fois, ne soyez pas timide : demandez conseil, montrez votre curiosité, et vous ferez vite partie des meubles.

Quand y aller

C'est le point le plus confus, alors je vous livre les deux versions.

  • selon Gault&Millau : le midi du lundi au vendredi, et le soir les jeudis et vendredis
  • selon le site : le midi uniquement, en semaine
  • le mâchon : le matin, sur réservation

Le week-end, tout le monde s'accorde, c'est fermé. Pour un dîner, appelez avant.

Mon conseil, si vous découvrez la maison : venez un midi de semaine. C'est le créneau sur lequel toutes les sources tombent d'accord, et celui où l'adresse fonctionne à plein régime avec sa clientèle de bureaux et d'habitués.

À noter aussi : la maison accepte les privatisations, avec un menu sur mesure accordé aux vins de Maxime.

Infos pratiques

  • Adresse : 50 boulevard des Brotteaux, Lyon 6e, entre les Brotteaux et la Part-Dieu
  • Ouvert en semaine le midi, certains soirs selon les sources. Fermé samedi et dimanche
  • Réservation au 04 78 52 52 61
  • Accès : métro B, arrêt Brotteaux

Un peintre qui travaille surtout à la sauce au vin. On a connu pire palette.

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