Sept candidats. Deux bols chacun. Un jury de chefs. Et un titre qui n'existait pas la veille.
Le 15 avril 2026, à l'Espace Encan de La Rochelle, se tenait la toute première édition du Championnat de France de Ramen. Une épreuve de ramen traditionnel le matin, une épreuve de ramen créatif l'après-midi, remise des prix à 15 heures.
Le vainqueur s'appelle Jun Matsuoka. Il tient Fujiyama 55, au 40 avenue Jean-Jaurès, dans le 7e. Autrement dit, le meilleur bol de France (officiellement, au moins jusqu'en avril 2027) se mange entre la Guillotière et Jean-Macé, pour une douzaine d'euros.
Je ne connais pas beaucoup de titres nationaux aussi abordables.
Une enseigne japonaise, un patron lyonnais
Petite mise au point, parce que le nom prête à confusion. Fujiyama 55 est d'abord une marque japonaise, spécialisée dans les tsukemen, les ramen et les mazesoba, avec des adresses au Japon, à Taïwan, en Chine, à Hong Kong, en Thaïlande, en Indonésie et donc en France.
C'est d'ailleurs la maison mère qui a annoncé la victoire sur son site, fin avril, en présentant Jun Matsuoka comme le propriétaire de la boutique lyonnaise. TheFork le désigne aussi comme chef.
Le Guide Michelin, qui référence l'adresse dans sa sélection (sans distinction), raconte un projet né de l'envie d'un DJ japonais installé à Lyon de reproduire une institution du ramen. Les sources ne disent pas clairement s'il s'agit de la même personne. Je laisse ce point en suspens plutôt que de vous raconter une jolie histoire inventée.
Un ramen de compétition servi dans une cantine de quartier, c'est un peu comme croiser le champion du monde de pétanque au boulodrome du coin. Il ne joue pas différemment parce que personne ne le regarde.
Le bouillon, nerf de la guerre
Si vous ne retenez qu'une chose : ici, tout part du porc. Le bouillon tonkotsu mijote douze heures selon le procédé traditionnel, d'après la carte de la maison. Plusieurs guides parlent d'un style de Kyushu, l'île du sud du Japon où le bouillon de porc est roi.
Concrètement, ça donne quoi ? Un bouillon trouble, épais, presque laiteux, qui nappe les nouilles au lieu de les noyer. C'est le point fort cité par les avis, à commencer par le tonkotsu.
Le décor, lui, ne cherche pas à séduire. Le Fooding parle d'une cantine industrielle très bruyante, avec un sol rouge ciré et une grande table commune. Le soir, la carte s'élargit en version izakaya, avec des petites assiettes et une belle sélection de sakés selon le Michelin.
Que commander pour goûter un titre de champion
La carte est construite comme un manuel scolaire du ramen, ce qui en fait un excellent terrain d'apprentissage.
- le shio tonkotsu, bouillon de porc, chashu, champignons noirs, poireaux, sésame et nori : la base, à goûter en premier
- le shoyu ou le miso, pour comparer les assaisonnements sur le même bouillon
- les versions spicy, avec porc haché épicé, si vous aimez quand ça réveille
- le ramen végétarien (shoyu ou miso veggie), pour ceux qui ne mangent pas de porc
- le mazesoba, des nouilles sans bouillon, pour un autre angle
- les gyozas au porc ou aux légumes, cités dans les avis comme une valeur sûre
- le curry japonais au bœuf, l'autre plat qui revient dans les commentaires
Ma stratégie
Le shio tonkotsu nature. Pas d'épices, pas de suppléments, rien qui masque le bouillon. Quand on va voir un champion, on regarde d'abord son coup droit.
Le midi, je prendrais la formule avec des gyozas en entrée. Un client sur TheFork résume l'affaire : gyozas plus ramen, excellent rapport qualité-prix.
Les points qui fâchent
Ils sont nombreux dans les avis, mais tous dans les marges. Le bol, lui, fait l'unanimité.
- Les desserts : un dorayaki jugé sec et réchauffé, un cheese-cake à 6 euros trouvé petit et fade
- Les garnitures : un œuf mariné en supplément qui manquait de marinade, un chashu jugé fin sans supplément
- L'eau : la carafe filtrée est facturée 0,50 euro par personne, ce qui agace certains
- Le bruit : la salle résonne, ne venez pas pour un dîner en tête-à-tête feutré
Dernier point, d'ordre culturel : un client trouve les nouilles trop fines. Dans le style de Kyushu, c'est plutôt la règle. Question de goût, donc.
Côté addition
Relevé du 12 août 2026 (TheGoodSeat, recoupé avec la carte officielle) :
- shio tonkotsu et shoyu : 12,30 euros
- miso et végétarien : 12,80 euros
- versions épicées : 13,80 à 14,30 euros
- demi-ramen : 6,50 euros (pratique pour les enfants)
- formules du midi : entrée ou dessert en supplément de 3 euros, les deux pour 6 euros
Un repas complet avec boisson tourne autour de 20 euros. TheFork annonce un prix moyen de 18 euros. Pour un titre national, c'est cadeau.
Mes conseils
- Arrivez tôt le midi : le service ne dure qu'une heure et demie, de 12h à 13h30. À 13h25, c'est trop tard
- Réservez sur TheFork, l'adresse est réservable en ligne
- Venez le soir pour profiter du volet izakaya et des sakés
- Zappez le dessert, ou testez-le en connaissance de cause
Infos pratiques
- Adresse : 40 avenue Jean-Jaurès, Lyon 7e
- Horaires : du lundi au samedi, 12h-13h30 et 19h-21h30. Fermé le dimanche
- Téléphone : 06 52 95 55 62, réservation aussi sur TheFork
- Accès : métro B ou D, arrêt Saxe-Gambetta, à quelques minutes à pied
Douze euros trente pour goûter le meilleur ramen de France. Je cherche encore l'arnaque.
Article mis à jour en octobre 2026 : prix, horaires et infos pratiques revérifiés.

