Pour boire un verre à L'Officine, il faut d'abord traverser une cuisine.
Le chemin, tel que le racontent Le Fooding et Lyon City Crunch, a quelque chose d'un jeu de piste. On entre au Grand Hôtel-Dieu, on longe les cuisines du Grand Réfectoire, puis on grimpe trois étages par un escalier de service sous verrière.
Et en haut ? Une terrasse face au dôme de Soufflot. Le genre de récompense qui fait oublier les marches.
Une ancienne pharmacie, version comptoir
Le nom n'a pas été tiré au hasard. L'Hôtel-Dieu a abrité pendant des siècles l'hôpital de Lyon, avec son apothicairerie, et le bar joue à fond sur cet héritage.
Les descriptions parlent d'un univers de pharmacie ancienne, voûtes et lumière tamisée, avec une pyramide de spiritueux derrière le comptoir. Le Fooding évoque un penthouse boisé, des banquettes couleur lichen et des tables en marbre.
Bref, on vient se faire prescrire un cocktail. Sans ordonnance.
La patte Bonneton
Si vous avez lu mon article sur L'Antiquaire, ce nom vous dit quelque chose. Marc Bonneton, figure de la nuit lyonnaise, signe aussi l'intérieur de L'Officine.
L'Office du tourisme attribue les cocktails à un duo, Marc Bonneton et David Capdeville. Je ne vais pas refaire le portrait de Marco ici (il est dans l'article précédent). Retenez juste que les deux adresses partagent une même exigence, mais pas du tout le même décor.
L'Antiquaire, c'est la pénombre d'un bar new-yorkais. L'Officine, c'est le grand air et la vue.
Et les professionnels ont validé : L'Officine figure dans le Top 100 des French Bar Awards 2026, aux côtés de L'Antiquaire. Le Bonbon ne précise pas son rang.
L'Officine, c'est un peu le pharmacien de garde de la Presqu'île. On monte le voir avec un vague symptôme de fin de semaine, et on redescend avec exactement le remède qu'il fallait.
La terrasse, argument numéro un
Ce qui ressort le plus des avis, c'est le rooftop. Calme, avec une vue sur le dôme de l'Hôtel-Dieu que les clients de mai 2026 citent presque tous.
À l'intérieur, Lyon City Crunch décrivait une grande salle au plafond bas, une fresque vidéo façon coin du feu et une playlist soul. Une alcôve donne sur la terrasse, pour les soirs où le temps ne suit pas.
Concrètement, réservez votre soirée L'Officine pour un soir de beau temps. Le lieu prend une autre dimension.
Ce qu'on boit en ce moment
La carte tourne avec les saisons. Celle du printemps 2026 jouait, d'après Mes Loisirs, sur le thé, le saké, le calvados, le gin et la Chartreuse.
Pour vous donner l'esprit, voici les créations citées par Le Fooding.
- le Yellow Mellow : tequila, melon, Chartreuse jaune et citron vert
- le Montenegroni : gin, amaro Montenegro, Martini rosso et San Bitter
- le Bahia de San Juan, sans alcool : ananas, orange, passion, vanille et gingembre
Et si rien ne vous parle, le bar propose des cocktails sur mesure. Vous donnez un alcool, un fruit ou une humeur, le barman fait le reste.
Petit détail que j'apprécie : la carte affichait le volume de chaque cocktail. Pratique pour savoir si l'on part sur un verre court ou un long drink.
Côté ambiance, les avis mentionnent des soirées jazz et des nuits DJ. Et pour ceux qui veulent passer de l'autre côté du comptoir, le bar organise des ateliers de mixologie de deux heures, avec deux cocktails à réaliser et des tapas à goûter (tarif non communiqué en ligne).
Un détail des avis de mai 2026 m'a plu : une cliente raconte qu'un serveur a remplacé sans discuter un cocktail trop fort. Le genre de réflexe qui fait la différence entre un bon bar et un bar bien noté.
Grignoter sous le dôme
L'Officine profite des cuisines du Grand Réfectoire, la brasserie du rez-de-chaussée. Marcel Ravin, chef étoilé, en est le chef consultant, et le Guide Michelin indique que la cuisine est exécutée par Anthony Clorennec.
Côté bar, Le Fooding mentionne des assiettes entre 9,50 et 22 euros.
- du poulet croustillant, mayo tomate et rhum
- des beignets de calamar, sauce tartare
- un tentacule de poulpe grillé, sauce chien
- de la charcuterie Duculty et des fromages
Les fausses notes
Tout n'est pas parfait sous le dôme. Un avis de mai 2026 parle d'une « petite déception » : un lieu beau mais un peu froid, et un service jugé pas à la hauteur des prix (pas de sous-verres, pas de grignotage proposé).
D'autres reproches reviennent au fil des années. Une carte jugée courte, quelques cocktails trop forts ou trop sages, et un rooftop parfois fermé au public lors de privatisations.
Et la critique la plus piquante vient de la presse. En 2022, Lyon City Crunch saluait l'ambiance et la playlist, mais regrettait un certain manque de parti pris dans la carte. À vous de juger si la carte du moment a corrigé le tir.
Enfin, lors de certaines soirées DJ, une entrée payante a été demandée (7,90 euros en 2024, réservation obligatoire).
Prévoir le budget
Relevé de septembre 2026, à vérifier sur place.
- classiques : autour de 14 euros
- signatures : de 15 à 20 euros
- sans alcool : à partir de 9 euros
Plus cher que la moyenne lyonnaise. Mais vous payez aussi la vue.
Infos pratiques
- Adresse : 3 cour Saint-Henri, Grand Hôtel-Dieu, Lyon 2e (certaines fiches indiquent 1 place de l'Hôpital, c'est le même lieu)
- Ouvert du mardi au jeudi de 18h30 à minuit, le vendredi et le samedi jusqu'à 1h. Fermé le dimanche et le lundi
- Téléphone : 04 72 41 84 96, réservation en ligne possible
- Accès : métro A et D, arrêt Bellecour, ou métro A, arrêt Cordeliers
Et si la soirée se prolonge, vous savez où trouver l'autre adresse de Marco. Direction les Terreaux.
Article mis à jour en octobre 2026 : prix, horaires et infos pratiques revérifiés.
