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Platypus Brewpub, le bar de brasseur qui fait mentir Perrache

par | 17 juillet 2026 | Boire

L'ornithorynque a un bec de canard, une queue de castor, il pond des œufs et allaite ses petits. Quand le premier spécimen est arrivé en Angleterre, à la fin du XVIIIe siècle, des naturalistes ont cru à un canular.

En anglais, l'ornithorynque se dit platypus. Et je trouve le nom parfaitement choisi pour un brewpub planté cours Charlemagne, côté Perrache. Un bar qui sert ses propres bières dans un quartier qu'on traverse surtout pour attraper un train, ça tient aussi un peu de l'animal improbable.

Un brasseur derrière le comptoir

Le Platypus est né en 2015, fondé par deux passionnés d'après la presse locale. Aujourd'hui, Ludovic Cileo se présente comme le créateur, le dirigeant et le brasseur du lieu.

La société affiche une activité sans ambiguïté : débit de boissons, mais aussi brassage, embouteillage et organisation d'événements. Sur Untappd, la Brasserie Platypus recense environ 200 bières depuis ses débuts. Deux cents. On est loin du bar qui se contente de rebrancher le même fût de blonde industrielle.

Un point mérite toutefois une précision. Plusieurs guides parlent de bières « brassées sur place ». Le registre des entreprises montre qu'un site de brassage a existé à Vénissieux entre 2019 et 2023, avant d'être transféré. Où se fait la bière aujourd'hui, au mètre près ? Les sources ne le disent pas clairement. Ce qui est sûr, c'est que la maison conçoit ses recettes et les sert à la pression ici.

Un brewpub, c'est un restaurant où le chef vous sert lui-même. Entre la cuve et votre verre, il n'y a ni distributeur, ni commercial, ni camion. Juste un comptoir.

Simple, habitué, un peu bruyant

Le cours Charlemagne, c'est l'axe qui file de Perrache vers la Confluence. Côté nord, la gare et ses voûtes. Côté sud, les grands projets neufs et leurs façades colorées. Entre les deux, un tronçon où l'on cherche encore un bar qui ne soit pas une franchise. Le Platypus occupe ce créneau depuis plus de dix ans.

N'attendez pas une cathédrale du houblon. Les descriptions parlent d'un petit bar décontracté, sans prétention, avec une terrasse et une clientèle d'habitués.

Le Platypus vit surtout par ses soirées : karaokés, jam du jeudi, soirées à thème. Lyon.food résume bien la chose, on y vient pour passer du bon temps entre amis plutôt que pour disserter sur l'amertume d'une IPA.

Bonne nouvelle pour l'été prochain : une entreprise de plomberie lyonnaise raconte avoir posé deux climatiseurs dans la salle en août 2026. Le Platypus est donc ouvert, entretenu, et ne vous fera plus fondre en juillet.

Au tirage cette semaine

La gamme tourne, avec une liste de tirages qui change régulièrement (chaque semaine, selon un guide). Parmi les références récurrentes citées :

  • la Platy-blonde, une pale ale d'inspiration belge à 5 %, la plus accessible
  • la West Coast IPA, à 6,5 %, pour ceux qui aiment l'amertume franche
  • la Neipah, une IPA trouble façon Nouvelle-Angleterre
  • et des bières invitées pour compléter la ligne

Côté nourriture, les guides citent des planches mixtes (les tapenades de légumes ont leurs fans), des tapas et, selon certains, des burgers. La carte bouge : considérez les burgers comme une rumeur sympathique tant que vous ne les avez pas vus à l'ardoise.

Mon ordre de bataille

Commencez par la Platy-blonde pour étalonner la maison. Si elle est propre, passez à la West Coast IPA. Une planche au milieu, pour amortir. Et si une bière invitée vous fait de l'œil, prenez-la en demi : la rotation est rapide, elle ne sera peut-être plus là la semaine prochaine. Et si c'est jeudi, restez pour la jam, même si vous ne jouez de rien (surtout si vous ne jouez de rien, le public aussi fait partie du spectacle).

Le revers de la médaille

La note Google tourne autour de 4,6/5 pour plus de 700 avis, ce qui est très honorable. D'autres agrégateurs sont plus tièdes : 4,1 sur un guide des brasseries lyonnaises, et un comparateur international range les bières maison dans une catégorie modeste.

Traduction : un bon bar de quartier avec ses propres bières. Les geeks du houblon qui comptent les IBU et traquent la sour expérimentale iront faire leurs relevés ailleurs. Si vous cherchez une pinte honnête dans une ambiance détendue, vous êtes au bon endroit.

Et la salle est petite. Un soir de karaoké, comptez sur un niveau sonore qui ne laisse aucune place aux confidences.

L'addition, son meilleur argument

C'est là que le Platypus marque des points. La pinte est annoncée à 4 euros en happy hour, et autour de 5 euros le reste du temps (relevés en ligne, consultés en octobre 2026).

L'horaire de l'happy hour varie selon les sources, de 17 h à 21 h pour les uns, de 18 h à 22 h pour les autres. Demandez au comptoir avant de commander votre troisième.

Une bière artisanale à 4 euros à dix minutes de Bellecour : trouvez-m'en beaucoup d'autres. Je vous attends.

Les bons réflexes

  • Arrivez tôt pour profiter de l'happy hour
  • Visez le jeudi si la jam vous tente
  • Pas besoin de réserver à deux. Pour un groupe, Privateaser prend les demandes
  • Fermé le dimanche : ne prévoyez pas d'y finir le week-end

Pour s'y rendre

  • Adresse : 32 cours Charlemagne, Lyon 2e
  • Horaires : du lundi au mercredi de 17 h à minuit, du jeudi au samedi de 17 h à 1 h, fermé le dimanche (un guide indique aussi une fermeture le lundi, les sources divergent, appelez avant)
  • Téléphone : 09 83 50 85 00
  • Accès : tram T1 ou T2, arrêt Place des Archives, ou métro A, arrêt Perrache, à quelques minutes à pied

L'ornithorynque a traversé des millions d'années en restant bizarre. Le Platypus, lui, tient depuis 2015 à Perrache. Dans ce quartier, c'est presque aussi impressionnant.

Article mis à jour en octobre 2026 : prix, horaires et infos pratiques revérifiés.

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