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Toï Toï le Zinc, le garage de Villeurbanne où la scène locale joue à prix solidaire

par | 2 octobre 2026 | Sortir

Dans les coulisses, on ne souhaite jamais « bonne chance ». Ça porte malheur. Les Français disent « merde », les Allemands lancent un « toi toi toi » en mimant un crachat par-dessus l'épaule.

Toï Toï le Zinc a pris le nom de ce porte-bonheur de théâtre. Vu son parcours, la superstition a l'air de fonctionner.

Un garage, trois copains, une obsession

L'histoire commence en 2005. Trois amis fondent l'association TaTaToom avec une idée précise : il manque des lieux de résidence pour le spectacle vivant, surtout pour la danse.

En 2008, un ancien garage du quartier Croix-Luizet, à Villeurbanne, devient salle de spectacle. La danse ouvre le bal, attire trop peu de monde, et le lieu se diversifie : concerts, stand-up, impro, théâtre, quiz, blind tests, DJ sets. La Ville de Lyon parle de près de 200 groupes et compagnies locales accueillis chaque année.

Voilà ce qui me plaît : un projet qui a su admettre que son idée de départ ne suffisait pas, sans renier sa raison d'être. La danse reste au programme, la scène locale reste la priorité.

Toï Toï, c'est le garage de l'oncle bricoleur, celui où il y a toujours un chantier en cours. Sauf qu'ici, à la place d'une 2CV sur cales, vous trouvez un groupe de post-punk sur scène et une vingtaine de bénévoles derrière le bar.

Le prix libre, version adulte

Le modèle économique mérite qu'on s'y attarde, parce qu'il est rare.

Les billets fonctionnent au tarif solidaire : un minimum (en général entre 6,50 et 12,50 euros, d'après le bilan annuel de l'association), et vous mettez plus si vous pouvez. Sans justificatif. Exemple concret : le plateau du 15 octobre 2026 (VioleTT Pi, Kill Me Don't Panic, Second Major) s'affiche de 8 à 15 euros.

Au bar, même logique avec les boissons suspendues : vous payez une consommation en plus, quelqu'un qui n'en a pas les moyens la boira plus tard. La liste est affichée au comptoir.

Ajoutez une boîte à dons à l'entrée, l'adhésion au dispositif Angela pour les personnes victimes de harcèlement, des collectes avec des associations du coin. On est loin de la salle qui se contente d'écouler des pintes entre deux balances.

Sur scène et dans les verres

Le rythme hebdomadaire, d'après la Ville : danse le mercredi, DJ sets gratuits le jeudi, concerts le vendredi et le samedi. La billetterie d'octobre et novembre 2026 montre une semaine type bien remplie.

  • de l'impro le mardi : Les Improcité contre les Tricoteurs le 20 octobre, Crash Impro le 27
  • un quiz maison, le Toï-Toï le Quiz, le 3 novembre
  • du rock et du punk : une Halloween Rock Party le 31 octobre, la Rebel Girl session #10 punk hardcore le 13 novembre
  • la sortie du premier album de Marmaï le 14 novembre
  • un concert riot grrrl doublé d'un marché DIY le 20 novembre

Au bar, des producteurs locaux en bio ou en agriculture raisonnée, dont les bières de la Brasserie La Grihète. Privateaser relève une pinte à 6,40 euros, un verre de vin à 3,30 euros et un cocktail à 8 euros (relevé d'octobre 2026, à vérifier). Il y a aussi un jardin, un terrain de pétanque et une mezzanine avec canapés.

Et le midi en semaine, un restaurant mené par le chef Aurélien Ferrer, avec des menus de saison et des produits locaux. Le site affichait par exemple une tartine au morbier à 8,50 euros et une tarte salée végétarienne à 7,50 euros (prix à vérifier).

Le voisinage compte aussi. Le campus de la Doua et l'INSA sont à quelques arrêts de tram, ce qui donne au public un mélange assez rare : étudiants fauchés, familles du quartier, quadras amateurs de post-punk. Le tarif solidaire prend ici tout son sens.

Mon mode d'emploi

Un jeudi pour le DJ set gratuit, si vous voulez prendre la température sans risque. Un vendredi ou un samedi pour un plateau de deux ou trois groupes, c'est là que le rapport découverte/prix s'envole.

Et payez un cran au-dessus du minimum. C'est le principe, et c'est ce qui fait tenir la maison.

Les petits accrocs

Je n'ai pas trouvé de critique récurrente dans les avis (4,5/5 sur Google d'après un agrégateur, environ 770 avis). Les vrais reproches sont structurels.

D'abord, la géographie. Croix-Luizet est loin de la Presqu'île, et le dernier tram ne vous attendra pas à la sortie du rappel.

Ensuite, la jauge : Privateaser parle de 100 personnes, une autre fiche de 200. Les sources divergent, et pour une date qui buzze, prenez votre billet en ligne, ça part.

Enfin, la programmation est volontairement émergente. Vous ne connaîtrez probablement personne sur l'affiche. Si ça vous angoisse, passez votre chemin. Si ça vous excite, bienvenue chez vous.

Dernier point, plus personnel : le lieu assume une ligne engagée, des collectes aux soirées de soutien. Ceux qui veulent juste une bière et un concert sans discours y trouveront leur compte, mais ils sont prévenus.

Le nécessaire avant de partir

  • Adresse : 17-19 rue Marcel-Dutartre, 69100 Villeurbanne
  • Horaires : bar et salle du mardi au samedi, de 17 h à 1 h ; restaurant du lundi au vendredi à midi (fermeture à 13 h 30 ou 14 h selon les sources)
  • Concerts : en général à 20 h 30, 20 h pour l'impro et les quiz
  • Téléphone : 04 37 48 90 15 (réservations bar et restaurant : 09 51 90 85 04)
  • Billetterie : sur Mapado, via le site toitoilezinc.fr
  • Accès : tram T1, arrêt INSA-Einstein ; bus 27, 37 ou 38, arrêt Antonins ; bus 69, arrêt Doua-INSA

Toï toï toï, donc. Aux groupes sur scène, aux bénévoles du bar, et à ce garage qui tient la scène depuis 2008 sans jamais avoir eu besoin de chance.

Article mis à jour en octobre 2026 : prix, horaires et infos pratiques revérifiés.

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