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Bouillon Croix-Rousse, la cantine du plateau ouverte de 8h à minuit

par | 28 janvier 2026 | Manger

Lyon compte désormais assez de bouillons pour qu'on puisse se permettre de les comparer. Et c'est une excellente nouvelle.

Pendant des années, le format est resté une affaire parisienne. Œuf mayo à prix plancher, grande salle, service au pas de course, et cette promesse un peu folle de manger correctement pour le prix d'un sandwich de gare.

J'ai déjà parlé ici du Bouillon Baratte. Celui de la Croix-Rousse joue une autre partition, et c'est justement ce qui m'intéresse : moins de spectacle, plus de quartier.

L'héritier de la Brasserie des Écoles

Le Bouillon Croix-Rousse a ouvert en septembre 2020, au 27 place de la Croix-Rousse. Le Bonbon avait salué l'arrivée, avec un petit « snif » pour l'ancienne occupante, la Brasserie des Écoles.

Ouvrir un restaurant en septembre 2020, il fallait oser. Six ans plus tard, la maison tourne toujours, sept jours sur sept, de 8h à minuit. Ça en dit long sur le besoin auquel elle répond.

En février 2026, Le Bonbon l'a d'ailleurs repris dans sa sélection inspirée du classement Condé Nast Traveller des meilleures tables lyonnaises. Un bouillon dans une liste pareille, on n'aurait pas parié dessus il y a dix ans.

Le Bouillon Croix-Rousse, c'est le couteau suisse du plateau. Café du matin, déjeuner du marché, dîner tardif : il a une lame pour chaque heure de la journée.

Ce qui le distingue d'un bouillon parisien

La carte suit le canon du genre, avec ses classiques de brasserie. Mais elle a l'accent du coin.

Rankeat liste par exemple, à côté du bourguignon, des plats qu'on ne trouve pas boulevard Montmartre : la quenelle, le tablier de sapeur et la tarte à la praline. Le bourguignon, lui, arrive avec des coquillettes. Difficile de faire plus lyonnais sans poser une rosette sur la table.

L'emplacement, son meilleur argument

Le restaurant fait face à la place, à quelques mètres du boulevard et de son marché quotidien (tous les jours sauf le lundi, le matin). Le Bonbon le présente comme l'adresse parfaite pour un déjeuner simple juste à l'entrée du marché.

C'est exactement comme ça que je le vois. Vous finissez vos courses à 12h30, les bras chargés de légumes, et vous n'avez aucune envie de cuisiner. La véranda est là.

L'amplitude horaire

L'autre force, c'est la continuité. Ouvert dès 8h pour le café, jusqu'à minuit pour les dîners tardifs, tous les jours de la semaine.

Sur le plateau, où beaucoup de tables ferment le dimanche ou entre les services, c'est un vrai filet de sécurité. Le genre d'adresse qu'on garde dans un coin de la tête pour le lundi soir où tout est fermé.

Que choisir sur l'ardoise

D'après les avis et la presse, voici les plats qui reviennent le plus souvent.

  • les œufs mayo, porte-drapeau obligatoire de tout bouillon
  • la soupe à l'oignon, pour les matins de marché frisquets
  • le bœuf bourguignon et ses coquillettes, le plat le plus commenté, en bien comme en mal
  • le Saint-Marcellin, salué par plusieurs clients en entrée
  • le chou à la crème sauce chocolat, pour finir sans se ruiner

Mon combo

Œufs mayo, puis quenelle ou bourguignon selon l'humeur, et la tarte à la praline si elle est à la carte ce jour-là. Le menu lyonnais complet, version petit budget, sans passer deux heures à table.

Là où ça grince

Il serait malhonnête de vous vendre un sans-faute. La note Google est bonne, 4,4 sur 5 pour près de 2 800 avis selon lyon.food. Mais les critiques existent, et elles se concentrent sur l'assiette.

Le reproche le plus fréquent : des portions parfois justes, qui laissent certains clients sur leur faim. Un avis regrette aussi le manque de jus pour accompagner les frites.

Et le bourguignon, star de la maison, a ses détracteurs. Un client sur TripAdvisor décrit trois dés de viande et une sauce qu'il juge industrielle. Avis isolé ? Probablement. Mais quand on bâtit sa réputation sur un plat, ce genre de commentaire fait mal.

C'est la limite du modèle bouillon. À ces prix-là, la régularité est un combat de tous les jours.

Ce que ça coûte

C'est le point délicat : je n'ai pas trouvé de carte tarifée à jour pour 2026. Les seuls prix détaillés datent de l'ouverture, en septembre 2020.

  • œufs mayo : 2,50 euros (2020)
  • soupe à l'oignon : 3 euros (2020)
  • saucisse purée ou croque-monsieur salade : 8,50 euros (2020)
  • bourguignon-coquillettes : 10 euros (2020)
  • pot-au-feu sauce ravigote : 11,50 euros (2020)

Six ans d'inflation sont passés par là, donc comptez plus. Un avis récent parle d'un déjeuner avec soda et café pour moins de 25 euros. Rankeat situe le budget entre 10 et 20 euros. Les tickets restaurant sont acceptés.

Quelques conseils

  • Ne comptez pas sur la réservation : TripAdvisor indique « sans réservations », d'autres annuaires conseillent d'appeler. Les sources divergent, téléphonez si vous êtes nombreux
  • Visez le créneau après le marché, vers 12h15, avant la grosse vague
  • Le soir tard, c'est l'une des rares cuisines ouvertes du plateau
  • Combinez avec une balade jusqu'au Gros Caillou pour digérer

Les infos pratiques

  • Adresse : 27 place de la Croix-Rousse, Lyon 4e
  • Horaires : tous les jours de 8h à minuit (TripAdvisor mentionne une fermeture à 23h30 le mardi)
  • Téléphone : 04 78 28 12 55
  • Accès : métro C, arrêt Croix-Rousse

Lyon a mis du temps à adopter les bouillons. Celui-ci a compris la leçon la plus importante : être là quand tout le monde est fermé.

Article mis à jour en octobre 2026 : prix, horaires et infos pratiques revérifiés.

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