Le tiki, c'est kitsch. Point.
Des chemises hawaïennes, du bambou, des verres en forme de totem, un cocktail qui prend feu sous vos yeux. Si vous cherchez la sobriété scandinave, passez votre chemin. Pineapple Room ne fera aucun effort pour vous retenir.
Et c'est précisément pour ça que je le défends. Un bar qui choisit un univers et va au bout, rue Juliette-Récamier, dans le 6e, j'appelle ça avoir du métier.
L'équipe derrière les cocotiers
Le bar a ouvert à la mi-juillet 2024. Aux commandes, Valentin Disson, ancien bar manager de L'Antiquaire. Oui, le speakeasy de la rue Hippolyte-Flandrin, dont on a déjà parlé ici.
Il est épaulé par Marc Bonneton, présenté par Inside Lyon comme un pionnier du renouveau des bars à cocktails en France depuis les années 2000. Et c'est Guillaume Guerbois, ancien chef barman du Comptoir lyonnais, qui a ouvert à Valentin les portes de l'univers tiki, d'après Barmag.
Résultat, moins de deux ans après l'ouverture : 44e place du Top 100 des bars de France aux French Bar Awards 2026. Pour un bar à thème, catégorie que les puristes regardent souvent de haut, c'est une jolie claque.
Le tiki, petit rappel historique
Le genre est né dans la Californie des années 1930, après la Prohibition. Des bars-restaurants qui fantasment les îles du Pacifique, avec du rhum, des fruits tropicaux et une déco totalement assumée.
Pineapple Room revendique l'héritage des Beachcombers, ces institutions américaines du tiki. La carte en tire les classiques (Maï Taï, Dark & Stormy) et les mélange à des relectures tropicales de cocktails connus, du spritz à l'Old Fashioned.
Pineapple Room, c'est un film de vacances des années 50. On sait que les palmiers sont en carton, et on achète quand même un ticket, parce que le scénario est bien écrit.
À quoi ressemble la salle
Murs en bambou, plafond végétalisé, fleurs tropicales suspendues, ananas partout, lumière tamisée. CityCrunch parle d'une ambiance de cabane de plage, et range le bar dans son top des adresses où l'on se sent en vacances à Lyon (mai 2026).
Et les verres valent le détour. Ananas évidés, noix de coco, tiki mugs, un totem, et même un contenant en forme de corps en bikini. Certains cocktails sont flambés. Subtil ? Non. Drôle ? Oui.
La salle compte une quarantaine de places, avec une terrasse.
La carte, version rhum
Voici une sélection de la carte publiée par le bar (prix relevés sur la carte en ligne, 2026).
- le Maï Taï (15 cl), à 12 euros : rhum, liqueur d'orange, citron vert, orgeat maison. La recette de Trader Vic, 1944
- la Pineapple Room Colada (20 cl), à 16 euros : la signature, avec coco, ananas frais, falernum et fève tonka
- le Coconut Old Fashioned, à 14 euros : rhum jamaïcain, sirop de pandan, eau de coco, infusé plusieurs jours à la noix de coco fraîche
- le Strong Water, à 11 euros : rhum agricole, Savanna Lontan à 57,5 %, coco, pandan et lait clarifié
- l'Elvis Treasure, à partager à deux pour 30 euros : rhum, Amaro di Angostura, porto, banane et tonka
Il y a aussi des tapas maison. Un client sur TripAdvisor note avec soulagement que ça change du bol de cacahuètes (viande, poisson, riz vinaigré).
Ma commande, si c'était à refaire demain
Le Maï Taï d'abord. C'est le juge de paix de tout bar tiki, et un client TripAdvisor a résumé son conseil en répétant son nom cinq fois de suite. Le message est passé.
Puis la Colada, parce qu'un bar qui s'appelle Pineapple Room et qui sert sa signature dans un ananas, on ne le snobe pas.
Le prix du voyage
Entre 11 et 16 euros le cocktail signature, c'est le tarif d'un bar sérieux à Lyon. Rien d'excessif vu le travail (sirops maison, infusions, garnitures).
Le bon plan, c'est l'happy hour, affichée par Privateaser en octobre 2026 : le lundi de 18h à 19h, et du mardi au samedi de 17h à 19h. Cocktail classique à 8 euros au lieu de 10, cocktail du moment à 10 euros au lieu de 12, sans alcool à 7 euros.
Les tarifs bougent, vérifiez la carte avant de partir.
Ce qui coince (un peu)
La réputation est solide : 4,9/5 sur Google pour près de 290 avis (relevé de septembre 2026), 5/5 sur Privateaser pour plus de 200 avis. Accueil souriant, cocktails bien dosés, service aux petits soins.
Les reproches existent, à petite dose. La musique est jugée un peu trop forte. Sur un petit échantillon d'avis de réservation, certains regrettent un choix de mocktails limité, d'autres des places étroites ou inconfortables.
Rien qui gâche une soirée. Mais si vous venez pour une conversation sérieuse sur votre plan de carrière, choisissez un autre décor.
Mode d'emploi
- Arrivez à 17h pour profiter de l'happy hour et choisir votre place
- Réservez pour un groupe : de 2 à 12 personnes en ligne, privatisation de 12 à 40 personnes
- Pensez au lundi, c'est ouvert, ce qui n'est pas si courant
- Demandez conseil sur les rhums, c'est l'ADN de la maison
Infos pratiques
- Adresse : 21 rue Juliette-Récamier, Lyon 6e, quartier Molière-Vauban
- Horaires (octobre 2026) : lundi de 18h à minuit, du mardi au samedi de 17h à 1h. Fermé le dimanche
- Téléphone : 09 74 64 10 34, réservation aussi sur Privateaser
- Accès : métro B, arrêt Gare Part-Dieu Vivier-Merle, à environ 500 mètres selon Privateaser
Le kitsch fait avec sérieux, c'est un art. À Lyon, c'est rue Juliette-Récamier qu'il se pratique.
Article mis à jour en octobre 2026 : prix, horaires et infos pratiques revérifiés.
