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Takao Takano, le deux-étoiles du 6e qui cuisine français avec une précision japonaise

par | 25 septembre 2026 | Manger

Un chef japonais, deux étoiles, un restaurant à son nom dans le 6e. Vous pensez sushis, omakase, comptoir en bois clair ?

Raté. Et c'est tout l'intérêt de l'adresse.

Chez Takao Takano, la carte parle de pigeon de Bresse, de lotte bretonne et d'escargots des monts du Lyonnais. Du produit français, travaillé avec une rigueur qui, elle, vient de beaucoup plus loin.

Je trouve ce décalage passionnant. Alors j'ai épluché tout ce qui s'écrit sur la maison, des guides aux avis clients, en passant par les entretiens du chef.

Verdict ? Une maison discrète, très peu médiatisée, et pourtant installée depuis des années dans le cercle très fermé des deux-étoiles lyonnais.

Un parcours qui commence en fac de droit

Takao Takano est né dans la préfecture de Yamanashi, au Japon. Il a d'abord fait des études de droit avant de bifurquer vers la cuisine (le genre de virage qui rassure tous ceux qui ont changé de voie à 25 ans).

Il arrive en France en 2002. Dès 2003, il entre chez Nicolas Le Bec, à Lyon, et finit par y devenir chef exécutif.

Puis il ouvre son propre restaurant rue Malesherbes. Sur l'année exacte, les sources ne s'accordent pas : certaines parlent de 2010, d'autres de 2013. La suite, en revanche, est claire.

  • une première étoile peu après l'ouverture
  • une deuxième étoile en 2018
  • toujours deux étoiles dans le Guide Michelin 2026
  • 15/20 et trois toques au Gault&Millau 2026

Concrètement, ça veut dire quoi ? Que la maison tient son rang depuis des années, sans coup d'éclat médiatique ni changement de cap.

« Faire simple », mais pas facile

Dans un entretien à L'Hôtellerie-Restauration, le chef résume sa ligne de conduite en quelques mots : faire simple pour aller à l'essentiel.

Sur le papier, ça ressemble à un slogan. Dans les assiettes décrites par les guides, ça se traduit par peu d'éléments, des sauces très travaillées et des cuissons au cordeau.

Sa cuisine fait penser à un excellent traducteur. On ne remarque jamais son accent, on a juste l'impression de mieux comprendre le texte d'origine.

Le Guide Michelin parle d'assiettes originales et précises. Les avis clients, eux, insistent surtout sur les sauces et sur la justesse des cuissons. Un client de septembre 2025 décrit une cuisine riche mais légère, ce qui est plus difficile à réussir qu'il n'y paraît.

Ce que racontent les assiettes

La carte tourne avec les saisons, donc ne vous attachez pas trop à un plat. Pour vous donner l'esprit, voici ceux que citent les guides.

  • une lotte bretonne en nage crémeuse au vermouth, avec morilles et escargots des monts du Lyonnais
  • un pigeonneau de Bresse, topinambour, guanciale et truffe noire
  • une langoustine bretonne avec feuilles de navet et anguille fumée
  • un rouget-barbet, salué dans un avis récent

Vous voyez la logique ? Un produit noble, deux ou trois partenaires, et une touche qui surprend (le vermouth, l'anguille fumée). Rien de démonstratif.

Trois menus, trois façons d'y aller

C'est ici que tout se joue, parce que l'écart entre le midi et le soir est énorme. Prix relevés en octobre 2026, hors boissons.

Envie, le ticket d'entrée

80 euros, servi au déjeuner du mardi au vendredi. Pour un deux-étoiles, c'est le moyen le plus sage de se faire une idée.

Essence, la version du soir

160 euros. Le format classique pour comprendre ce que la cuisine a dans le ventre.

Partage, le grand jeu

220 euros. Un avis de mars 2025 le trouve intéressant et surprenant, avec des desserts très appréciés. D'autres signalent des suppléments (homard, notamment) qui font vite grimper la note.

Mon choix si j'y allais

Envie, un midi en semaine. Je garderais Partage pour une vraie occasion, une fois convaincu.

Ceux qui sont moins emballés

La note moyenne reste très haute (autour de 4,7/5 sur Google pour quelque 720 avis, d'après un agrégateur). Mais quelques critiques méritent d'être lues avant de réserver.

Le service d'abord. Un client de septembre 2025 le juge lent au démarrage puis peu présent en fin de repas, avec un sommelier pas très proactif. Un autre, en mars 2025, regrette d'avoir dû réclamer boissons et pain.

L'assiette ensuite, plus rarement. Le même avis de mars trouve le caviar et la truffe un peu discrets en goût, et déplore un ris de veau remplacé par du bœuf sans qu'on lui laisse le choix.

Et puis il y a la salle, petite (une trentaine de couverts selon une source), et l'addition, qui grimpe vite avec les accords et les suppléments. À l'inverse, plusieurs clients jugent les vins au verre bien choisis et les prix cohérents avec le niveau.

Mon avis ? Rien qui remette en cause la cuisine. Mais à ce tarif, on attend un service sans trou d'air, et certains ne l'ont pas eu.

Avant de réserver

  • Visez le déjeuner si vous découvrez la maison
  • Prévenez de vos allergies à la réservation, la carte change souvent
  • Demandez le détail des suppléments avant de choisir le menu Partage
  • Ne cherchez pas une table le week-end, la maison est fermée

Les infos pratiques

  • Adresse : 33 rue Malesherbes, Lyon 6e
  • Ouvert le lundi soir, puis du mardi au vendredi midi et soir (services de 12h à 13h et de 19h30 à 21h selon le Guide Michelin). Fermé le samedi et le dimanche
  • Réservation au 04 82 31 43 39 ou sur le site du restaurant
  • Accès : métro A, stations Foch ou Masséna selon votre point de départ (les fiches ne donnent pas toutes la même, vérifiez votre itinéraire sur l'appli TCL)

Un juriste devenu chef, un Japonais qui sublime le pigeon de Bresse, une adresse à deux étoiles qui ne fait aucun bruit.

Lyon a parfois de drôles de façons de rester capitale de la gastronomie.

Article mis à jour en octobre 2026 : prix, horaires et infos pratiques revérifiés.

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