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Le Neuvième Art, le deux-étoiles des Brotteaux qui cuit son poisson dans la cire d’abeille

par | 27 août 2026 | Manger

Officiellement, le neuvième art, c'est la bande dessinée.

Christophe Roure a visiblement une autre liste en tête. Rue Cuvier, dans le 6e, il a donné ce nom à son restaurant, et il défend depuis plus de dix ans l'idée que la cuisine mérite sa place au panthéon.

Prétentieux ? Sur le papier, un peu. Sauf que le palmarès suit : deux étoiles Michelin, et la meilleure note Gault&Millau de toutes les tables que j'ai passées en revue pour cette série.

Alors je me suis demandé ce qui se cachait derrière le nom.

Le Guide Michelin, lui, a tranché depuis longtemps. Il a consacré au chef un portrait intitulé « La cuisine élevée au rang d'art ». Difficile de faire plus clair comme lettre de recommandation.

Le CV qui ne laisse pas de place au doute

Avant Lyon, il y a une longue route. Christophe Roure passe notamment par les cuisines de Pierre Gagnaire à Saint-Étienne, par la maison Paul Bocuse et par celle de Régis Marcon.

En 2003, il ouvre sa première adresse à Saint-Just-Saint-Rambert, dans la Loire. Il y décroche deux étoiles. Entre-temps, en 2007, il devient Meilleur Ouvrier de France.

Puis vient le saut vers Lyon, en 2014. Le Neuvième Art s'installe rue Cuvier, et les deux étoiles suivent dès 2015.

Le palmarès 2026, maintenant.

  • deux étoiles Michelin, confirmées dans le guide 2026
  • 17/20 et quatre toques au Gault&Millau 2026

Concrètement, ça place la maison où ? Tout en haut de la pile lyonnaise, avec une constance que peu de tables peuvent revendiquer.

Déménager un deux-étoiles de la Loire à Lyon et retrouver les deux étoiles un an plus tard, c'est comme changer d'équipe en pleine saison et finir quand même meilleur buteur.

L'omble à la cire d'abeille, le plat dont tout le monde parle

S'il ne fallait retenir qu'une assiette, ce serait celle-là. Elle apparaît dans le Guide Michelin, dans les avis clients et dans à peu près tous les articles consacrés à la maison.

Le principe : un omble chevalier cuit dans de la cire d'abeille. Rien que l'intitulé pique la curiosité, et les clients qui l'ont goûté le citent presque tous comme le moment fort du repas (avec un enthousiasme assez unanime, je dois dire).

Je trouve l'idée brillante, parce qu'elle part d'une contrainte technique pour arriver à un plat qui a l'air simple. C'est souvent la marque des grands.

Les guides citent aussi d'autres créations.

  • un ragoût de coquillages et mousserons, avec une hollandaise à la citronnelle
  • une tarte fine au chocolat Ativao, servie avec de la noix de coco givrée

Les menus évoluent, donc ces plats ne sont pas garantis le jour de votre venue. L'omble, lui, revient d'une saison à l'autre dans les guides et les avis.

Ce qu'en disent les clients

Sur TheFork, Le Neuvième Art affiche 9,6/10 pour 647 avis. Dans le détail : 9,7 pour la cuisine, 9,8 pour le service et 9,4 pour l'ambiance.

Les commentaires reviennent sans cesse sur trois points.

  • la créativité des assiettes et la cohérence dans la progression du menu
  • la justesse des cuissons, avec l'omble en tête d'affiche
  • les accords mets et vins, salués à plusieurs reprises

Certains clients mentionnent aussi une visite en cuisine, et la possibilité d'adapter le menu à leurs contraintes. Un avis trouve même les quantités parfaites, ce qui n'est pas si fréquent dans un menu à rallonge.

Ce qui pourrait vous refroidir

Il est mince, je vous préviens. J'ai cherché, sincèrement, et les reproches tiennent sur les doigts d'une main.

Le reproche le plus concret concerne le bruit. Quelques avis signalent un niveau sonore parfois élevé en salle, ce qui surprend dans une maison de ce niveau. Ça reste ponctuel, mais si vous préparez une demande en mariage, demandez une table au calme.

Ensuite, il y a l'évidence : le prix. Avec des menus entre 150 et 240 euros hors boissons, l'addition finale peut doubler avec les accords. Les avis ne s'en plaignent pas vraiment, mais votre banquier, peut-être.

Dernier point, plus pratique : les horaires affichés ne concordent pas entre le Guide Michelin et le Gault&Millau. Appelez avant.

Deux menus, quatre prix

Tarifs relevés en octobre 2026, hors boissons.

  • L'Art et la Matière : 150 euros ou 190 euros, selon la version choisie
  • Au fil de l'art : 220 euros ou 240 euros

TheFork indique un ticket moyen autour de 195 euros. Les prix évoluent, vérifiez sur le site du restaurant avant de réserver.

Mon conseil de stratégie

L'Art et la Matière dans sa version courte, pour une première fois. Assurez-vous juste que l'omble y figure (posez la question en réservant, c'est le genre de détail qu'on vous confirmera volontiers).

Les réflexes à avoir

  • Réservez plusieurs semaines à l'avance pour un samedi soir
  • Venez le midi du mercredi au samedi si vous voulez profiter de la lumière
  • Prévenez de vos contraintes alimentaires, la cuisine sait s'adapter d'après les avis
  • Gardez de la place pour le dessert. La tarte au chocolat a ses fans
  • Arrivez un peu en avance et faites le tour de l'ancienne gare des Brotteaux, à quelques minutes à pied. Sa façade vaut le coup d'œil avant de passer à table

Les infos pratiques

  • Adresse : 173 rue Cuvier, Lyon 6e
  • Ouvert le mardi soir, puis du mercredi au samedi midi et soir (12h-13h et 19h30-21h selon le Guide Michelin). Fermé le dimanche et le lundi
  • Réservation au 04 72 74 12 74 ou sur le site du restaurant
  • Accès : métro B, arrêt Brotteaux, ou métro A, arrêt Masséna

Un nom qui revendique la cuisine comme un art, deux étoiles pour le prouver, et un poisson qui fait l'unanimité.

Pour une fois, le nom n'avait rien de prétentieux.

Article mis à jour en octobre 2026 : prix, horaires et infos pratiques revérifiés.

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