Chez Têtedoie, l'emblème, c'est un ours.
Quand deux anciens de la maison ont ouvert leur propre adresse rue Royale, ils ont gardé l'idée et changé l'animal. L'ours est devenu cochon. Et le cochon, visiblement, a soif.
C'est le Guide Michelin qui raconte ce clin d'œil. Moi, il me suffit pour avoir envie de pousser la porte : une équipe qui commence par une blague sur son ancien patron a rarement le melon.
Deux transfuges de la colline
Derrière le comptoir, il y a Nicolas Lhote en cuisine et Tristan Picot au vin. Tous deux sont passés par Têtedoie, la grande maison perchée sur Fourvière.
D'après le site du restaurant, Tristan a rejoint Nicolas après plusieurs années de discussions. Un annuaire avance une ouverture en 2021, sans que je puisse le confirmer par une source plus solide.
Ce qui est sûr, en revanche, c'est la reconnaissance. Lyon Capitale annonçait le Bib Gourmand en février 2024, et le Michelin 2026 le maintient. Ce label récompense les tables où l'on mange bien pour un prix contenu.
Le Cochon qui Boit, c'est l'élève qui a quitté le conservatoire pour monter un groupe dans un garage. Il a gardé la technique, il a jeté la cravate.
Trois questions qu'on se pose avant d'y aller
C'est quoi, la cuisine ?
Une cuisine actuelle, construite sur le marché, avec une carte qui change presque chaque jour.
Le sourcing est le vrai sujet ici. Le restaurant travaille avec deux maraîchers bio de la région et achète ses viandes en carcasse, directement aux éleveurs. Le Michelin cite aussi des escargots des Monts du Lyonnais, du veau de l'Ain et un chocolatier de Voiron.
Acheter une bête entière, concrètement, ça change quoi ? Ça oblige à tout cuisiner, les beaux morceaux comme les autres. Et ça donne des cartes qui bougent au rythme de ce qui reste en chambre froide.
Et le vin ?
Le nom ne ment pas. La maison défend des vins d'auteurs, libres et vivants, à boire à table ou au comptoir.
Gault&Millau relève des noms comme Lassaigne, de Moor ou les Foulards Rouges. Si ces domaines ne vous disent rien, aucun souci : c'est précisément le moment de demander conseil, et les avis saluent la qualité de ceux de l'équipe.
Midi ou soir ?
Et là, les sources se contredisent.
Le Michelin annonce un service le midi uniquement, du mardi au samedi. Le site du restaurant affiche midi et soir, du mardi au samedi, avec un dernier créneau à 21 h 30.
Je fais plutôt confiance au site, tenu par la maison. Mais appelez avant de prévoir un dîner.
Ce qui tournait à la carte
Voici ce que la carte en ligne et les guides mettaient en avant au moment de mon relevé. Ne vous y attachez pas, tout aura changé quand vous lirez ces lignes.
- une courgette rôtie au sabayon de sarriette
- une soupe au pistou aux escargots bio
- des cannellonis de chèvre frais, sauce vierge à la pistache
- un cochon Mangalitza, cette race au poil frisé réputée pour son gras
- une pintade fermière de la Dombes, blanc rôti et cuisse confite, avec châtaigne et blettes
- une aubergine alla milanese, pour la version végétale
- côté desserts, une nage de prunes, des framboises à la ganache chocolat ou un abricot compoté à la glace au miel
Ma stratégie
Le midi en semaine, sans hésiter. La formule complète y coûte nettement moins cher que le soir, pour la même cuisine.
Et je prendrais le cochon s'il est à l'ardoise. Quand une maison s'appelle comme ça et achète ses bêtes entières, c'est un peu le plat qu'on lui doit.
Les fausses notes relevées
Les notes sont hautes : 9,3/10 sur TheFork pour une cinquantaine d'avis, 4,5/5 sur TripAdvisor pour un peu plus de 60. Les clients parlent de plats créatifs, bien dressés, et d'un accueil chaleureux.
Mais il y a quelques bémols.
- une cuisson de veau jugée imparfaite dans un avis de décembre 2025
- quelques plats trouvés peu mémorables, et un rapport qualité-prix qui en a fait tiquer certains le soir
- une salle minuscule, vite pleine
- un service en anglais limité, à savoir si vous venez avec des amis étrangers
Rien de dramatique. Mais la petite taille du lieu change tout : sans réservation, vos chances sont minces.
Le bon réflexe ? Réserver quelques jours avant, et préciser si vous préférez la salle ou le comptoir.
Les prix, ligne par ligne
Relevés en octobre 2026 sur le site du restaurant. Ils bougent avec la carte, alors vérifiez.
- plat du jour le midi en semaine : 16 euros
- entrée, plat et dessert le midi en semaine : 25 euros
- formule entrée, plat et dessert au choix : 39 euros
- à la carte : entrées de 10 à 12 euros, plats autour de 29 euros, desserts à 10 euros, fromages à 11 euros
Un menu complet à 25 euros, avec des légumes bio et des bêtes achetées entières, en plein 1er arrondissement ? Je cherche encore l'équivalent.
Infos pratiques
- Adresse : 23 rue Royale, Lyon 1er
- Ouvert du mardi au samedi, le midi à coup sûr et le soir selon le site (les sources divergent). Fermé dimanche et lundi
- Réservation au 04 78 27 23 37, ou en ligne via TheFork
- Accès : métro C, arrêt Croix-Paquet, ou métro A et C, arrêt Hôtel de Ville
Un cochon qui boit bien, qui mange bien, et qui vous laisse de quoi payer le dessert.
Article mis à jour en octobre 2026 : prix, horaires et infos pratiques revérifiés.


