Une cocotte en fonte au milieu de la table, un couvercle qu'on soulève, et la négociation qui s'ouvre : qui sert, combien de louches, et qui aura le dernier morceau.
C'est la promesse des Boulistes, place Tabareau, chaque hiver. Une cocotte du mois, pour deux personnes minimum, dont la recette change tous les mois. Le genre d'idée simple dont on se demande pourquoi tout le monde ne l'a pas eue.
Le reste de l'année ? Un bistrot de quartier, une terrasse sous les platanes et des prix qui ne piquent pas. Je n'en demande pas davantage à un mardi soir.
Quand La Coquette devient bouliste
En 2017, Frédéric d'Ambrosio reprend La Coquette, un restaurant de la place, et le rebaptise. Le nom vient des joueurs de boules qui occupent le terrain d'en face. Difficile de faire plus littéral.
Le chef connaît le quartier : il tient aussi le Balthaz'Art, sur les pentes. Aux Boulistes, il est en cuisine avec sa seconde, Alicia, et mène la maison en duo avec Anaïs.
D'après La Mère Saive, qui leur a consacré un portrait en janvier 2026, un agrandissement se prépare : l'arrière-salle doit s'ouvrir sur Le Garri, le restaurant voisin du couple. Les dates restent à confirmer.
Les Boulistes, c'est le bon pointeur de l'équipe : aucun geste spectaculaire, mais la boule finit toujours à trois centimètres du cochonnet.
Le style de la maison
Une quarantaine à une cinquantaine de couverts selon les sources, des tables en bois, un décor que plusieurs clients qualifient de vintage. La Mère Saive parle d'un esprit de bar-restau de village, taillé pour les grandes tablées.
La terrasse, elle, met tout le monde d'accord. Le Michelin, qui garde l'adresse dans sa sélection, note qu'elle se remplit dès que le thermomètre grimpe. Traduction : en juin, on réserve ou on regarde les autres manger.
Côté cuisine, le chef revendique le fait maison et le temps long. Des classiques de bistrot revisités, des plats mijotés servis en cocotte ou dans de grands plats à partager. Rien de révolutionnaire, et c'est voulu.
La cocotte, mode d'emploi
Le principe tient en trois règles. Elle ne sort qu'en hiver. Elle se commande pour deux personnes au minimum. Et la recette change chaque mois, ce qui donne une bonne excuse pour revenir.
En janvier 2026, elle coûtait 24 euros par personne. Pour un plat mijoté des heures et posé au centre de la table, c'est honnête.
Pourquoi ça marche ? Parce que le format oblige à partager, donc à parler. Et parce qu'une cuisson longue pardonne moins qu'on ne croit : La Mère Saive décrit un chef qui rectifie chaque assaisonnement pendant que sa seconde brûle des poireaux au chalumeau. On est loin du plat réchauffé.
Ce qu'on commande
- la cocotte du mois, en hiver, pour deux minimum : le format signature de la maison
- le tartare de bœuf au couteau, présent depuis l'ouverture
- l'épaule d'agneau cuite toute la nuit, autre fidèle de la carte
- la blanquette de veau, programmée à l'automne-hiver 2025
- une bourride de saumon avec saint-jacques, gambas et moules, repérée par La Mère Saive
Mon ordre de bataille
À deux ou plus, en hiver : la cocotte, sans réfléchir. C'est pour elle qu'on traverse le plateau.
Le reste de l'année, je viserais le midi en semaine. Formule complète, terrasse si possible, et un verre de vin (les clients satisfaits saluent la sélection, et la terrasse ombragée fait le reste).
Le revers de la médaille
Les notes sont flatteuses : 4,7/5 sur Google pour près de 1 500 avis selon un relevé d'octobre 2026, 4,4 sur TripAdvisor. Le site de la maison affiche 4,8 sur ses propres avis vérifiés (seuls les clients ayant réservé votent, à lire avec ce filtre en tête).
Mais quelques clients sont repartis frustrés, et leurs griefs se ressemblent : les quantités. Un groupe venu en février 2025 a jugé une poule au pot bien chiche pour 23 euros (une petite cuisse, quelques morceaux de légumes, pas de bouillon) et un baba au rhum un peu timide sur le rhum. Un autre avis trouve les portions justes pour le prix et un plat trop salé.
Rien de systématique, mais ça dessine un risque : le plat qui ne tient pas la promesse de son prix. Mon conseil : misez sur les mijotés et la cocotte, c'est là que la maison est attendue.
L'addition, relevée en octobre 2026
- déjeuner, entrée-plat : 22 ou 23 euros selon les sources (le site affiche 23)
- déjeuner, entrée-plat-dessert : 25 euros
- menu des Boulistes, entrée-plat : 35 euros
- menu des Boulistes, entrée-plat-fromage ou dessert : 39 euros
- cocotte du mois : 24 euros par personne, deux minimum (tarif de janvier 2026)
- tartare à la carte : 23 euros
Les prix suivent la carte et les saisons. Jetez un œil au site avant de réserver.
Avant de partir
- Pour la terrasse, réservez dès les premiers beaux jours, elle part vite
- Pour un groupe, profitez des grandes tablées, c'est le terrain de jeu de la maison
- Pour l'horaire, méfiance : le site annonce un service jusqu'à 23 h 30, le Michelin et d'autres annuaires indiquent une cuisine qui ferme bien plus tôt (13 h 30 le midi, 21 h 30 le soir). Les sources divergent, appelez
Infos pratiques
- Adresse : 9 place Tabareau, Lyon 4e
- Ouvert du mardi au samedi, midi et soir. Fermé dimanche et lundi
- Réservation : 04 78 28 44 13
- Accès : métro C, station Croix-Rousse, à quelques minutes à pied (vérifiez l'itinéraire sur tcl.fr)
Une place, des boules, des platanes et une cocotte. Le programme est court. Il est bien exécuté.
Article mis à jour en octobre 2026 : prix, horaires et infos pratiques revérifiés.


